En allant voir "Sicko" je ne m'attendais pas à voir un documentaire complet, m'expliquant en détail le pourquoi du dysfonctionnement du système de santé américain, mais quand-même, j'ai été sidéré par tant de manichéïsme. Ce n'est qu'un montage de portraits et d'interviews larmoyants, lourdement soulignés par de la musique dramatique, tout juste dignes de Juliet Courbet.
Il n'y a aucune explication, aucune recherche journalistique. Rien. Une heure trente de pellicule pour montrer ce qui est dit dès le début : il y a des millions d'américains qui n'ont pas de couverture sociale, et qui ont des vies détruites.
Certes ce "documentaire" est à destination du public américain mal-informé, mais de là à sortir des kilos de guimauve et de mensonges pour étayer son propos... J'ai beaucoup aimé le coup des prothèses dentaires gratuites pour les étrangers à Cuba, où les gens sont choyés comme des coqs en pâte ; pas mal aussi la description de la France, où les gens picolent du bon vin pendant leurs congés payés, dans leurs appartements du centre de Paris, pendant que l'assistante maternelle payée par l'Etat fait de la soupe de carottes au bébé...
Et cette façon qu'a M.Moore de se placer en justicier alors qu'il doit bien vivre à fond sa société de consommation qu'il dénonce (là j'en sais rien, je ne le connais pas, mais c'est l'impression qu'il me donne).
C'est toujours une bonne chose de dénoncer ce qui ne va pas, surtout quand c'est criant d'injustice, mais c'est pas pour ça qu'on ne peut pas juger la forme plus que merdique...