"Le mal est entré
Et je sais qu'il détruit
Qu'il pourrait me faire crever
Que reste-t-il ici ?
Je n'veux pas rester sage
J'aime le souffre et l'envie
Abuser de mon âge
Je n'veux pas rester sage
Le mal est ma lueur
Son ombre est ma couleur
Le mal est ma lueur
Mon parfum son odeur"
Cette nuit mon copain a rêvé qu'il était comédien, partenaire de Valérie Lemercier, dont il est tombé amoureux. Je crois qu'ils se sont fait courser dans une grange (?) et qu'ils ont mangé des moules, dont une de couleur rainbow. Qui a vu la science des rêves?
Je rentre du boulot, mon copain travaille jusqu'à tard dans la nuit, mais il a pris le soin de me laisser, tout fait maison, des "billes de melon en brochette", du "poulet au lait de coco et curry", du "riz parfumé" et une "crème à la vanille des îles"... J'ai vraiment pas à me plaindre ;o)
Tu ne me connais pas, mais n’aie pas peur ; je ne suis que toi. Nous sommes plusieurs à l’intérieur. Il fait si froid en ma demeure… Je suis la voix de tes erreurs. Souviens-toi mon amour, avant que tu dormes, nous serons toujours la même personne. Je suis ta voix, je suis tes yeux, je suis ton coeur, le centre nerveux.
Je mets rarement les pieds dans des magasins de fringues mais il y a bien un moment où il faut se rendre à l'évidence : quand on jongle toute la semaine entre trois quatre chemises (déchirées ou amputées d'un bouton), qu’on part bosser le matin en ayant froid car rien à se mettre de plus sur le dos et que son pantalon commence à avoir plus de trous que de tissu, on commence à songer à investir.
J’ai donc passé mon samedi après-midi dans un grand centre commercial de banlieue (les Trois-Fontaines à Cergy pour les connaisseurs val-d’oisiens), grouillant de gens pressés de dépenser leur salaire, écumant les dizaines de magasins tous plus horribles les uns que les autres… un véritable supplice qui comme à chaque fois m’a quelque peu dérangé et déprimé… rien à ma taille, juste trop grand pour les tailles standards, et pas assez « monstrueux » pour les magasins spécialisés (qui ne sont pas spécialisés dans le bon goût d’ailleurs), c’est dur de caser un corps très mince, très grand et longiligne, les quelques vêtements conçus pour grands sont également conçus pour les gros ou musclés, pas pour les allumettes !
Donc bref même si les très gros sont beaucoup plus stigmatisés que les très grands (je n’échangerais pas ma situation, j’avoue), je ressens et je partage complètement ce que vit une grosse (ou un gros), qui a du mal à assumer le regard des autres et qui se sent un peu à part (voire carrément hors-normes).
A chaque fois, c’est-à-dire presque jamais, que j’entre dans un de ces temples du mal-être (bah oui faut appeler un chat un chat), ma « différence » me resaute en pleine gueule.
D’autant plus que ça n’aide pas trop de se faire dire très souvent que « j’exaggère car les grands peuvent facilement s’habiller à H&M, d’ailleurs j’ai un cousin qui mesure 2 mètres et bla bla bla un jour on ira ensemble tu verras bien ».
Spéciale dédicace à la pétasse de vendeuse qui a adorablement répondu avec plein de bon sens « quelle idée d’avoir des bras aussi longs » alors que je lui demandais s’ils faisent plusieurs longueurs de manches…
Mais bon y’a des choses plus graves sur Terre, j’ai un toit, des amis et une famille formidable, un chéri parfait, un boulot, j’ai vraiment pas à me plaindre, disons que je constate, simplement ;o)
Il est toujours intéressant de fouiller son ordinateur et de retrouver, par hasard, de vielles photos - deux ans - des personnes qui ont marqué ma vie, pas forcément en bien, mais qui font partie de mon histoire..